La région de Los Lipez (2)

Nous avons passé les 2 premières nuits de l’excursion dans la région du Los Pipez, dans des hôtels très basiques, sans douche, sans chauffage, à dormir à 4 dans des petites chambres glaciales. Cependant pour la 3ème et dernière nuit, aux portes du Salar d’Uyuni, nous avons droit au grand luxe. Notre hôtel est entièrement fabriqué en sel, à l’exception des sanitaires: murs, sol, tables, chaises, lits, décorations…Absolument sublime, surtout que nous sommes les premiers à arriver et que nous trouvons un sol de gros sel, vierge de toute trace! Cela n’est pas sans nous rappeler l’hôtel de glace de Québec, le chauffage en plus. Nous nous sommes renseigné sur le tarif: 3€ par personne pour la nuit, sans commentaire…

   

Enfin, au matin du dernier jour, nous attaquons la traversée de l’immense Salar de Uyuni. Encore un moment clé de notre voyage, nous l’attendions depuis longtemps celui-là! Situé à 3658m d’altitude, ce désert immaculé s’étend sur plus de 10 000 km² et représente le plus vaste désert de sel au monde. Outre son attrait touristique, il est un centre d’extraction du sel, notamment dans la région d’Uyuni et sa production annuelle tourne autour de 20 000 tonnes, dont 18 000 pour l’alimentation humaine. Il détient également environ 1/3 de la réserve mondiale du lithium, la Bolivie détenant en totalité 50% du lithium de la planète.

Il y a 40 000 à 25 000 ans, le Lago Minchin recouvrait la majeure partie du sud de la Bolivie. Lorsqu’il s’évapora, la région resta sèche pendant 14 000 ans avant qu’un autre lac ne se forme et au bout de 1000 ans, ce dernier s’assécha partiellement, donnant alors naissance à 2 grands plans d’eau et 2 salars. Nous apprenons que l’épaisseur de sel du Salar d’Uyuni atteint 30 à 40m et serait une alternance de couches de sel et de couches d’eau!

Nous quittons notre confortable, et chauffé, hôtel de sel avant le lever du soleil, pour observer le réveil de l’astre sur le salar. Le sol est encore froid et ressemble à s’y méprendre à un lac de glace. Loin des autres 4*4 touristiques, nous sommes comme seuls au milieu du désert, enveloppés dans un silence religieux, à regarder apparaître le disque lumineux.

Nous rejoignons ensuite l’île de corail Incahuasi, ou Isla del Pescado, qui recouverte de cactus, offre un superbe panorama sur l’étendue salée qui nous entoure. Comme cela a été le cas chaque soir, nous y retrouvons les autres tours et y prenons notre dernier petit-déjeuner, sur l’une des tables…en sel, faisant face au désert.

  

Pendant la saison humide, le Salar de Uyuni retient une petite quantité d’eau en sa surface, le faisant ressembler à un gigantesque miroir, dans lequel se reflète le ciel bleu de l’altiplano et ses nuages, faisant ainsi disparaître l’horizon. Cependant, lorsqu’elle est asséchée, cette vaste étendue blanche éblouissante et s’étendant à perte de vue, est également à couper le souffle. Les perspectives sont toutes chamboulées, laissant place à l’imagination de ses visiteurs pour des photos loufoques. Nous n’échapperons pas à cette activité et passeront 2 heures à nous prendre au jeu. Malgré le froid piquant et l’heure peu avancée de la matinée, le soleil frappe fort, et à cause de la réverbération sur le sol immaculé, tout le monde en ressort écrevisse.

 

Après que Rodriguo nous ait pêché d’étonnants cristaux de sel, dans un trou creusé à travers la croûte, nous prenons la route pour rejoindre Uyuni. Cadeau souvenir de cette excursion, je ne sais lequel choisir et en garde donc plusieurs, alourdissant un peu plus notre sac à dos.

Ces 4 jours ont été une superbe expérience, même si nous avons eu très froid, dès que le soleil déclinait. Paysages grandioses, véritable palette de couleurs, nous avons été subjugués par tout ce que nous avons vu. Beaucoup de tours opérateurs démarre leur circuit d’Uyuni pour une boucle de 3 jours et nous ne regrettons donc pas d’être partis de Tupiza, et d’avoir ainsi évité le gros du flot de touristes qui visitent ces sites. Cela nous a, de plus, permis de terminer en beauté par le Salar!

Afin de ne pas perdre de temps inutilement, nous ne passons que quelques heures à Uyuni, et prenons en fin de journée un autre 4*4 pour le transfert jusqu’au Chili. Fini le « confort », nous nous entassons à 6 passagers dans la jeep et passons la nuit dans un hôtel vraiment bas de gamme.

Nous n’avons passé que 10 jours en Bolivie, ce qui n’est pas énorme et nous avons donc certainement loupé beaucoup d’endroits intéressants. Mais encore une fois, le temps nous fait défaut. Cependant, je dois dire que nous avons été heureux de quitter ce pays, qui est sans conteste, un pays extrêmement pauvre. Même si à aucun moment, nous ne nous sommes sentis en danger, il est un peu difficile de s’y sentir très à l’aise, et nous avons eu l’impression de faire partie d’un autre monde. Pour exemple, à Uyuni, alors que nous cherchions un bureau de poste, une dame a regardé avec étonnement les cartes postales que nous lui montrions, sans savoir de quoi il s’agissait…Je pense que c’est la première fois que nous avons été décontenancés à ce point!

Quoi qu’il en soit, nous avons adoré cette région de Los Lipez, qui selon nous, justifie à elle seule une visite dans le pays, pour quiconque aime la nature et les grands espaces. Acclimatés à l’altitude, nous avons eu du mal à nous mettre dans la tête que nous étions à 4000m, avec ces sommets enneigés entourant la plaine.

A part ça, pour répondre à une question que vous vous posez certainement, nous nous attendions à voir davantage de chapeaux melon que ce qui a été le cas. Il y en a certes, mais il y a encore plus de couvre-chefs type haut de forme, posés haut sur le sommet du crâne! André a demandé à l’une de ces dames, ceux-ci ne sont même pas attachés par une barrette. Comment font-elles donc pour le garder en place lorsqu’il vente ou lorsqu’elles penchent la tête, mystère…Allez, il est temps de passer côté chilien maintenant!