L’étape suivante que nous voulons atteindre est les fameuses chutes d’Iguazu, situées à la confluence de l’Argentine, du Paraguay et du Brésil. Mais le chemin pour y aller est long, très long même, et nous faisons donc arrêt à Salta, après une journée complète de bus.
Fondée en 1582 comme escale pour les communications entre Lima et Buenos Aires, il s’agit de la ville argentine ayant le mieux conservé son architecture coloniale. Bien que nous arrivions à la nuit tombée, l’endroit nous plaît déjà, avec sa jolie place centrale, bordée de bâtiments anciens, sa cathédrale rose, inscrite monument historique national et son église San Francisco rouge et jaune.
Vue l’heure avancée de la soirée, nous débutons notre découverte de l’Argentine par ses spécialités culinaires, les parillas, ou viandes cuites au barbecue. André m’en parlant depuis si longtemps avec des étoiles dans les yeux, j’avais hâte de goûter le boeuf argentin, connu comme étant le meilleur au monde. Nous repérons donc un restaurant dans le Lonely, avec des prix nous semblant corrects. Cependant, il faut savoir que tous les tarifs argentins ont doublé, voire triplé, dans les 2-3 dernières années. Nous entrons donc dans ce restaurant et constatons qu’il s’agit d’un établissement de luxe. Des pingouins nous accueillent, nous offrent le champagne et l’apéro et nous apportent la carte. Je porte des chaussures Converse déchirées, aux couleurs délavées par le soleil; André quant à lui, n’a plus de chaussures « normales » depuis 2 mois déjà (difficile de trouver du 46-47 dans des pays où la pointure des hommes dépasse rarement le 40!) et porte donc ses grosses chaussures de randonnée. Pantalons de baroudeurs et polaires élimées quechua, nous avons quand même un peu honte et nous nous demandons pourquoi nous avons franchi cette porte, surtout qu’à la vue des prix, nous espérons de plus fortement qu’il ne s’agit pas de dollars américains. Nous dégustons donc nos steaks, énormes pièces d’une tendreté incroyable et servis sans accompagnement. Meilleur steak au monde, je ne sais pas, mais il est certain que c’était excellent, surtout lorsque, soulagée, je constate que le serveur ne refuse pas nos pesos: environ 10€ par personne pour ce repas, c’est certainement un restaurant de luxe ici, mais plus qu’abordable pour notre porte-feuille!
A gauche, l’église San Francisco; à droite, le palais de justice
Le lendemain, nous avons la journée à tuer avant le départ de notre bus pour Puerto Iguazu et nous en profitons donc pour nous promener de bâtiment ancien en bâtiment ancien, et pour flâner dans les rues marchandes, les parcs, les boutiques de souvenirs, le marché…Nous visitons également le Musée Archéologique de Haute-Montagne (le MAAM), mis en place après qu’une expédition d’archéologues ait découvert au sommet du volcan Llullaillaco, à plus de 6700m d’altitude, un cimetière inca. Ce site archéologique est le plus haut au monde et l’un des plus fascinants pour la connaissance de la culture inca. En effet, une plateforme cérémonielle a été trouvée, dans laquelle étaient creusées 3 tombes à 1,5-2m de profondeur. Dans celles-ci se trouvaient 3 enfants de 6 à 15 ans, recroquevillés, dans un état de conservation parfait.
Les « enfants congelés du Llullaillaco » ont été choisi par l’élite inca dans les plus importantes familles, pour effectuer ce rituel considéré comme un grand honneur. Plus qu’un simple cadeau aux dieux, ces enfants « parfaits » auraient été sacrifiés pour qu’ils puissent s’élever au rang de divinité et ainsi protéger l’Empire. Après une fête cérémonielle, la procession entamait un long périple dans les Andes jusqu’au sommet, où l’on faisait boire de la chicha (alcool de maïs) aux enfants, jusqu’à ce qu’ils s’endorment et que l’on puisse les laisser à leur sommeil éternel dans ce tombeau glacé, entourés de figurines en bronze, de bijoux et de tissus.
C’est ainsi que les archéologues ont trouvé ces enfants, momifiés naturellement et parfaitement conservés grâce au froid intense et continu, au manque d’oxygène et à la sécheresse de l’air. Ce musée soulève de nombreuses polémiques, car ces enfants sont exposés, chacun à tour de rôle, dans une chambre à -20°C. Nous voyons ainsi la jeune fille de 15 ans, et il est vrai que personne ne peut rester indifférent face à elle. Rien à voir avec les momies égyptiennes, elle semblerait presque assoupie, la tête penchée sur son épaule, les joues encore rebondies, comme pleine de vie…Encore une croyance difficile à comprendre et qui me tord les boyaux!
Nous quittons ensuite Salta, pour une autre longue route jusqu’à Puerto Iguazu!




Jamais goûté le Kobe, je ne savais même pas que ça existait avant il y a quelques semaines :p Mais il est vrai qu’on ne crachera pas sur une belle fesse de Charolaise à notre retour!! 🙂
Ce steack est-il meilleur que le Kobe??? Ou mieux : était-il meilleur que le steack de Charolais bourgignon???????