Nous voici enfin à Puerto Iguazu, après 24h de bus. Situées à la frontière entre l’Argentine et le Brésil, les chutes d’Iguazu, sont en fait composées de 275 cascades, qui s’étendent sur plus de 2,5km de long. Elles sont réparties entre ces 2 pays, mais la majorité d’entre elles sont localisées du côté argentin.
Le Rio Iguaçú coule sur un plateau basaltique, qui s’arrête brusquement peu avant sa confluence avec le Paraná. Juste avant d’atteindre la limite de cette ancienne coulée de lave, ce fleuve se divise en plusieurs bras, donnant ainsi cette multitude de cascades. La plus haute de ces chutes, la Garganta del Diablo (« La gorge du Diable »), en forme de fer à cheval de 150m de front, mesure 80m de hauteur, contre 50m pour les chutes du Niagara!
La « Gorge du Diable », vue d’en haut
Álvar Núñez Cabeza de Vaca et son équipage, furent les premiers européens à voir les chutes en 1542 et depuis, peu de choses ont changé. De chaque part de la frontière, elles font maintenant partie d’un parc national: le Parque Nacional do Iguaçu au Brésil, et le Parque Nacional Iguazú en Argentine, tous 2 inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1984. Même s’il est très facile de se rendre au Brésil pour en visiter ce parc, nous ne visiterons que celui du côté argentin, car en tant que canadien, André doit payer 125$ de visa, ce qui fait cher pour seulement quelques heures…! Mais ce côté a déjà eu de quoi nous occuper pour la journée entière!!
Ainsi protégées, les chutes ont pu garder un aspect relativement sauvage. Des passerelles avec de nombreux points de vue ont été aménagées pour que les visiteurs puissent s’en approcher sans que cela ait trop d’impact sur l’environnement. Ainsi, à la différence des chutes du Niagara, on jouit encore du merveilleux écrin tropical dans lequel elles se cachent, et l’on pourrait presque se sentir à l’époque des premiers explorateurs, quand au détour d’un sentier feuillu, on distingue le premier rideau d’eau. 
2 chemins permettent de rejoindre les chutes: nous commençons par le sentier inférieur, qui nous amène à la base de celles-ci. Il est encore tôt, le site est encore peu fréquenté, nous sommes quasiment seuls dans la jungle. Enfin seuls, c’est beaucoup dire. A peine entrés dans le parc, nous croisons de nombreux coatis, des cousins du raton laveur, à queue rayée également et tout autant gourmands. Malheureusement habitués à la présence humaine, ceux-ci ont appris à fouiller dans les poubelles pour se nourrir et à voler les sacs plastiques des touristes, souvent gage de réserve de nourriture. Ils peuvent même en devenir agressif et du haut de leurs quelques centimètres, nous attaquer, nous, pauvres humains sans défense.
Nous rencontrons également un groupe de quelques dizaines de singes, des capucins, qui nous offrent le spectacle de leur petit-déjeuner. Un peu moins farouches qu’en Amazonie, ceux-ci se laissent photographier, nous sautent au dessus de la tête, nous épient, tout en continuant leur bonhomme de chemin. Nous nous régalons à les observer et nous nous émerveillons à constater avec quelle agilité ils passent d’une branche à l’autre. Nous n’en finissons plus avec nos « wow », les yeux brillants, le sourire figé sur les lèvres.
Nous aurions pu voir beaucoup plus d’animaux tropicaux comme des perroquets, toucans…mais il aurait fallu nous enfoncer davantage dans la jungle et nous n’avons malheureusement pas le temps, car après tout, nous sommes venus pour voir les chutes! Des jaguars, pumas, tapirs…peuplent également cette forêt mais il est beaucoup plus rare d’en voir.
Nous arrivons donc ensuite aux chutes, merveilles de la nature. Outre tout ce qui les entoure, il est difficile de les comparer à celles du Niagara, tant elles sont différentes. Alors que les canadiennes se déversent en un seul gros rideau d’eau, celles-ci bien plus larges si l’on considère la totalité du site, sont donc composées de plusieurs cascades, plus ou moins imposantes. Mais prises chacune séparément, elles ne rivaliseraient pas avec les Niagara.
Un arc-en-ciel constant agrémente la base de certaines d’entre elles. Des papillons virevoltent. Des oiseaux arbalétriers (ou martinets à tête grise), véritables acrobates, plongent dans les embruns et nichent sur les parois verticales. Des nuages de vapeur d’eau masquent une partie des chutes. Le spectacle est saisissant, nous sourions béatement. Après plus de 11 mois de voyage, nous arrivons encore à être émerveillés par toute la beauté que Dame Nature a encore à nous offrir, et je suis sûre qu’une vie entière à voyager ne suffirait pas à me lasser de cette sensation de souffle coupé. Indescriptible.
Après ce premier contact, nous embarquons à bord d’un petit bateau à moteur. Ici, pas de distribution de poncho flashy, mais de toutes façons, cela ne servirait à rien. Nous constatons en voyant les touristes précédents débarquer que nous allons être trempés. Nous aurions peut-être dû en imiter certains et mettre notre maillot de bain…Une vingtaine de minutes pus tard, nous retrouvons, entièrement douchés, la terre ferme. Nous ne sommes pourtant pas allés directement sous les chutes mais quelle puissance, quelle quantité d’eau déversée à la seconde!!! Nous nous sommes pris de véritables seaux d’eau en pleine figure, nous dégoulinons de la tête aux pieds, sous-vêtements compris. Nous grignotons un peu au soleil, les membres écartés, tel un cormoran après une séance de pêche. Heureusement, il fait beau, nous sècherons relativement vite.
Nous attaquons ensuite le sentier qui parcoure le sommet des chutes. Les flots de touristes ont débarqué, nous nous sentons un peu moins explorateurs, mais le spectacle est quand même là. Il est habituellement possible de se rendre sur l’île Grande San Martín pour approcher au plus près la fameuse « Gorge du Diable » mais le niveau de l’eau est actuellement trop élevé et son accès est donc fermé. Nous devons donc nous contenter de prendre un petit train, puis de marcher sur une longue passerelle traversant le Rio Iguaçú, pour en atteindre le sommet de la chute et cela n’est certainement pas aussi impressionnant que l’autre point de vue. Mais bon, nous l’avons tout de même bien vue (et « sentie ») depuis le bateau! Cette petite marche nous a aussi permis de dénicher un autre habitant du parc, un long caïman de 2m se reposant sur un îlot au milieu de la rivière.
Pour terminer cette journée, nous prenons un autre petit bateau pour descendre un bras du Rio Iguaçú, mais à part un bébé caïman, nous ne voyons pas grand chose d’intéressant et regrettons donc un peu notre dépense. Peu importe, nous avons passé une superbe journée et nous avons vraiment apprécié constater qu’à la différence des chutes du Niagara, celles-ci se trouvent encore dans leur état naturel. Pas de grand hôtel défigurant le paysage, pas de chemin goudronné, pas de bruit de voiture, tout simplement génial! Pour finir la liste des plus belles chutes au monde, il nous restera donc à voir celles du Zimbabwe, un jour peut-être…
Une bonne douche à l’auberge, nous permettra ensuite de mieux supporter la nuit qui nous attend dans le bus. Prochaine étape, Buenos Aires!
En attendant, voici un petit bonus:




magnifiques les chutes et le vidéo meme si l’eau est mouillée,hein André.
Surtout que je n’arrivais pas à ouvrir les yeux, donc heureusement que le film est là, ça me permet de voir à quoi ressemblait la chute de près!
j’étais tout aussi mouillé mais il en faut un qui film 🙂
Hahaha, super la vidéo d’Emeline mouillée!! Dommage que l’on ne voit pas André! Bon, les chutes ne sont pas mal aussi!!