Encore un bus de nuit, ça devient une habitude mais nous commençons à nous lasser…A cause des 3h de retard de celui-ci, nous loupons la correspondance à Rio Gallegos et devons donc attendre de longues heures dans le minuscule terminal, avant de prendre un autre bus pour notre destination finale, El Calafate.
Cette mignonne petite ville, portant le nom d’un arbuste épineux à baies, est remplie de magasins de sport type North Face, et a l’aspect d’une station de ski, avec des maisons en bois aux toits pentus. Nous sommes rapidement confrontés à la météo patagonienne: le vent y souffle extrêmement fort, mais comme nous sommes au printemps, il n’est pas très froid et se supporte en général facilement. Bien à l’abri dans notre chambre d’auberge, nous écoutons les lattes de bois craquer et le vent rugir dehors. J’adore!
Même si El Calafate a l’aspect d’une station alpine, ce n’est pourtant pas pour le ski que les gens s’arrêtent ici, mais pour la randonnée et notamment celle sur glace! En effet, nous sommes ici aux portes du magnifique parc national de Los Glaciares et donc du fameux glacier Perito Moreno.
Comme nous arrivons au milieu de la nuit à El Calafate, il nous est impossible de réserver une excursion pour le lendemain et nous devons improviser pour cette première journée. Après consultation d’agences, nous choisissons de passer une soirée dans une estancia, ou ranch argentin. Au programme, petite balade à cheval, quelques activités, puis parilla! En fin d’après-midi, nous prenons donc un minibus en direction de Nibeko Aike (Aike=lieu; Nibeko étant les 2 premières lettres du prénom des 3 filles du premier propriétaire), la seule estancia située dans le parc de Los Glaciares, qui accueille les touristes, tout en conservant son activité originelle. En effet, en 1937, date de création du parc, ils ont dû se plier aux nouvelles exigences de leur localisation et ont ainsi vu leur superficie diminuer jusqu’à 12 000 hectares. Ils ont également dû limiter le nombre de têtes de bétail, les obligeant à se tourner vers le tourisme, qui représente aujourd’hui 50% de leurs revenus.
On nous avait prévenu, rien que le trajet jusqu’à cette estancia vaut le détour et en effet, les paysages sont magnifiques. Sommets enneigés, lagunes, grands espaces dans lesquels gambadent des lièvres, condors hauts dans le ciel, avant d’apercevoir au loin, le glacier bleuté Perito Moreno. Superbe!
Après le goûter de bienvenue, nous partons tous les 2 à cheval, explorer les terres de cette estancia, accompagnés d’un gaucho (cowboy argentin). Nous avions appris dans le Lonely que ces lonesome cowboys ne sont pas très bavards, et nous avions donc pris soin de mémoriser les sujets de conversation conseillés: lui demander où il a acheté son couteau et boire du maté avec lui. Sacré Lonely! Bref, nous chevauchons à travers le domaine avec notre gaucho à béret, contrôlons le troupeau de vaches, rassemblons (enfin, regardons rassembler) les moutons et les agneaux pour les envoyer passer la nuit dans un enclos électrifié, afin de les protéger des pumas qui rôdent…le tout au milieu de paysages magnifiques. J’en perds mon capuchon de protection d’appareil photo, mais qu’importe, nous, on s’y croit!
De retour à l’estancia, notre gaucho et son pote tout autant blagueur, nous présentent un jeune veau de quelques jours qu’ils doivent nourrir au biberon, nous font une démonstration de tonte de mouton puis une petite course de barils. Nous faisons ici la connaissance d’une petite famille, également en tour du monde pour un an, mais ces chanceux sont encore au début de leur voyage. Nous échangeons nos adresses de blog, eux pour avoir des informations sur les lieux que nous avons visité/aimé, nous pour continuer de voyager au fil de leurs récits et revivre avec eux tous les moments forts des lieux que nous avons traversé. Nous leur souhaitons bonne route.
Nous pouvons ensuite nous attabler et déguster la viande de la parilla, qui déjà à notre arrivée, nous avait mis l’eau à la bouche: bife de lomo (steak épais sans gras), saucisse argentine, et agneau, le tout à volonté. Nous faisons honneur au repas et nous remplissons l’estomac à n’en plus pouvoir, avant de terminer par une crêpe au dulce de leche (confiture de lait), une « spécialité » du pays. Soirée vraiment très sympa!
A gauche: en bas à droite de la photo, tasse et paille utilisées pour boire le maté
Nous nous serions bien vu prolonger notre séjour ici, pour profiter davantage du style de vie au milieu de ces grands espaces où le temps semble s’écouler au ralenti, pour faire une pause dans notre course effrénée contre la montre. Mais nous le savons, les jours restants sont maintenant comptés, et il est temps pour nous d’aller au plus près du Perito Moreno!




