Après une nuit passée à Santiago, nous quittons de nouveau la capitale pour rejoindre Valparaiso, à une centaine de kilomètres à l’ouest, vers le Pacifique. Fondée en 1536 dans cette baie entourée de 45 cerros (=collines), elle a subi de nombreux séismes, naufrages, attaques de pirates et guerres, mais devint tout de même le principale port du continent au XIXe siècle. L’activité économique est intense jusqu’en 1914, date de l’ouverture du canal de Panama, qui vola alors la vedette au Cap Horn.
Il ne reste aujourd’hui qu’une ville – que je croyais petite – qui attire les touristes et les habitants de Santiago, par ses maisons colorées et pleines de vie. En effet, celles-ci sont peintes de couleurs vives, véritables maisons de poupées, les murs sont couverts de dessins parfois magnifiques, parfois moins, et des escaliers aux marches multicolores ou décorées ajoutent une touche supplémentaire d’originalité. Un quinzaine d’ascensores, ou funiculaires, datant de la fin du XIXe siècle et toujours en fonctionnement, permettent de rejoindre les rues qui serpentent à travers les différents quartiers perchés. Seul bémol à ce joli tableau, les rues sont sales et les déjections canines nombreuses, nous n’en avions plus l’habitude depuis quelques semaines.
Valparaiso-la-colorée, est donc une ville remplie d’artistes, parmi lesquels un grand poète dont le nom vous dira peut-être quelque chose: Neftali Ricardo Reyes Basoalto, plus connu en tant que Pablo Neruda! D’origine chilienne, ce poète, écrivain, diplomate et homme politique, fut en effet notre quotidien pendant nos 3 années clermontoises, puisque notre petite rue portait son nom. A part cela, je dois reconnaître ne jamais avoir lu un seul écrit de cet illustre homme. Nous avons tout de même envisagé de visiter l’une de ses nombreuses maisons secondaires, La Sebastiana, avec vue imprenable sur Valparaiso et l’océan, et censée exposer entre autres, de vieilles cartes de navigation et une collection de bouteilles de verre coloré(!), mais elle est malheureusement fermée en ce lundi et nous devrons nous contenter sur une promenade dans le quartier.
Nous laissons cette agréable ville à ses préparatifs d’Halloween, et retournons à Santiago de Chili, la capitale, pour y passer nos dernières 24 heures en terre inconnue. Nous commençons par des retrouvailles avec un ancien ami d’université d’André, Bruno, et sa femme, nouvellement expatriés au Chili et ailleurs, avec qui nous passons donc notre dernière soirée.
Fondée en 1541, la ville de Santiago se trouve à mi-chemin de la longueur totale du pays et, dû au phénomène massif d’exode rurale de la fin XIXe siècle-XXe siècle, elle regroupe aujourd’hui plus de 7 millions d’habitant, soit un tiers de la population du Chili. Elle serait la 3ème ville la plus riche, la 7ème plus peuplée et la ville présentant la meilleur qualité de vie d’Amérique latine.
Si la ville possède quelques musées, nous profitons du temps grisâtre et de la grasse-matinée des chiliens en ce jour férié, pour en visiter son centre historique. Celui-ci est riche en beaux bâtiments à architecture coloniale et n’est pas sans nous rappeler l’Europe que nous allons bientôt retrouver.
Le Chili aura été une belle découverte. Moi qui m’attendais à une continuité de l’Equateur, du Pérou et de la Bolivie, j’ai été agréablement surprise de constater mon erreur. Comme sa voisine l’Argentine, les grandes villes sont grandes et les infrastructures dignes des nôtres: ces 2 pays sont donc aujourd’hui considérés comme « développés ».
Nous n’avons pas passé beaucoup de temps dans ce pays tout en longueur, et il est donc difficile d’en faire une conclusion, mais je peux déjà dire que nous avons apprécié ce que nous y avons vu: le nord aride et son désert de Atacama, aux formations rocheuses surprenantes et aux champs de geysers lunaires et bien évidemment, son minuscule bout de mystère au milieu du Pacifique, l’île de Pâques, à l’apparence des collines verdoyantes irlandaises, mais au coeur polynésien.
Un grand regret cependant, à cause de notre programme perturbé par les cendres du volcan, nous n’avons pas eu le temps de découvrir la Patagonie chilienne et notamment le réputé parc Torres del Païne, autre paradis pour les randonneurs. Peut-être que le vent nous ramènera à nouveau ici un jour, mais en attendant, il est maintenant temps pour nous de vous retrouver…





Ce sera avec plaisir que nous vous retrouverons.
Cette lecture presque quotidienne va me manquer! O combien de belles choses vous avez vues et/ ou apprises, de découvertes faites, de merveilles et splendeurs admirées… Quel enrichissant voyage! Vous revenez très chargés et lourds de tout cela pourtant aussi léger qu’un papillon.
Quelle chance d’avoir pu vivre cela, quel bonheur, pour vous et pour nous, car quel plaisir de vous avoir suivi, d’avoir pu voyager avec vous et découvrir par vos récits et photos presque autant de choses que vous. Pour tout cela un grand MERCI du fond du coeur.
A bientôt de vous revoir au pied de notre pas moins superbe volcan auvergnat, cette canaille se languissait de vous aussi et aura plaisir à vous retrouver!!!
En attendant je vous embrasse très fort. Bon retour parmi nous….